La forme de gouvernement décrit qui, dans une société, exerce le pouvoir et détermine ainsi la politique dans une société. Le pouvoir peut être exercé par l'ensemble du peuple, par un petit groupe de personnes ou par des individus isolés. De plus, le dirigeant peut être légitime ou non, selon le schéma des formes de gouvernement établi par Aristote dans son ouvrage « Politique », au IVe siècle avant J.-C.
| Classification systématique des formes de gouvernement |
Dans une démocratie, il y a des députés élus par le peuple, donc légitimés. Si personne ne règne, c'est-à-dire si personne n'est légitimé à régner, alors le peuple doit s'administrer lui-même et l'anarchie règne. S'il y a une seule personne qui règne par succession héréditaire ou par élection par une élite, et qui est reconnue par le peuple comme un souverain légitimé par la grâce de Dieu, on parle alors de monarchie. S'il y a une seule personne qui règne parce qu'elle a renversé le gouvernement précédent ou s'est emparée du pouvoir de manière illégitime, on parle alors de dictature.
Le concept de légitimité a été profondément influencé par Max Weber. Pour lui, tout pouvoir est légitime s'il est reconnu par la population. Toute population qui se soumet à un souverain montre qu'elle reconnaît son pouvoir. Cela ne signifie pas pour autant que la population considère que le pouvoir du souverain a été acquis de manière légitime. Selon Weber, l'illégitimité, c'est-à-dire le rejet du pouvoir par la population, conduit directement à la chute du souverain, car celui-ci se verra refuser l'obéissance. Ainsi, tout pouvoir est légitime et il n'existe pas de souverains illégitimes.
Weber dit : Le pouvoir signifie la possibilité de trouver obéissance à un ordre d'un contenu déterminé auprès de personnes désignées.
(« Wirtschaft und Gesellschaft » [« Économie et société »], Max Weber, 1921).
Peu après sa prise de pouvoir, un dictateur dispose dans un premier temps de la légitimité nécessaire pour régner sur le peuple concerné. Un tel cas peut se produire légalement par l'application de règles d'urgence en cas de crise. La plupart des démocraties ont mis en place des règles permettant à un petit cercle de responsables de prendre en charge les affaires gouvernementales sans que le parlement ait à intervenir et sans qu'il soit nécessaire d'organiser des élections. Bien sûr, le parlement peut également décider de modifier la loi afin d'instaurer une dictature. Cependant, le plus souvent, le gouvernement en place est renversé et remplacé par un chef rebelle. Si la population ne s'y oppose pas, le chef rebelle est alors légitimé à prendre le pouvoir.
Une telle légitimation par soi-même n'est toutefois que rarement soutenue par la population sur le long terme, car la légitimation par la population résulte généralement de l'expulsion du prédécesseur et d'une attente de transition vers un meilleur gouvernement. Si la transition, par exemple par l'organisation d'élections, n'a pas lieu, la légitimation disparaît généralement et le dictateur est renversé, en cas de doute par le prochain chef rebelle.
C'est là que réside la différence avec la monarchie, où la légitimité est généralement attribuée par Dieu. La fonction du roi peut alors être transmise par héritage à l'un de ses enfants, par exemple, car la grâce divine est rarement remise en question.