Le droit salique est un droit qui a été codifié entre 507 et 511 sous le règne du roi franc Clovis Ier, de la dynastie des Mérovingiens. Il s'agit d'une loi du droit germanique avec quelques influences du droit romain. Il est surtout connu pour avoir établi une succession strictement masculine, excluant totalement la possibilité pour les femmes d'hériter. Il a été appliqué dans de nombreuses maisons royales européennes et n'a été aboli dans certaines dynasties qu'au XXe siècle, voire au XXIe siècle. Le droit salique contient également des règles relatives au droit pénal et au droit civil.
Ce recueil de lois provient de la tribu germanique des Salfranken. Les Salfranken vivaient dans la région du Bas-Rhin jusqu'à l'IJssel, dans l'actuelle région du nord-ouest de l'Allemagne et des Pays-Bas.
Les dispositions du droit salique sont une liste de très nombreux cas particuliers. Cela correspond au système juridique du droit jurisprudentiel. Dans la jurisprudence, des analogies avec des jugements passés sont établies avec le cas présent, ce qui permet d'évaluer un cas et de rendre un nouveau jugement. Cette forme de droit se retrouve également dans le droit normand, qui constitue la base du système juridique actuel dans la sphère juridique anglo-américaine. Ce système juridique existe aux États-Unis, au Canada, en Grande-Bretagne et en Australie. Il s'oppose au droit législatif du droit romano-germanique, que l'on retrouve en Amérique centrale et en Amérique du Sud, en Europe à l'exception de la Grande-Bretagne et de l'Irlande, ainsi que dans la plupart des pays d'Afrique et d'Asie. Dans le droit législatif, des règles générales sont établies dans des lois et les cas individuels sont jugés sur la base de ces règles. Un autre système juridique serait le droit islamique, que l'on retrouve dans les pays d'Afrique du Nord et de la péninsule arabique.
Il découle de l'appartenance au droit jurisprudentiel que le droit sali n'établit pas de cadre direct dans lequel un jugement est rendu sur une affaire juridique, mais fournit plutôt des indications. Le droit sali stipule par exemple qu'en cas de vol d'un porc âgé de plus d'un an, une amende de 3 solidi doit être payée. Si le porc a plus de deux ans, l'amende est de 15 solidi. Ces valeurs sont données à titre indicatif. Pour un porc d'un an, l'amende peut également être de 2 ou 4 solidi. Une amende de 12 solidi serait toutefois trop élevée. Dans le droit écrit, l'amende serait plutôt comprise entre 1¾ et 2½ solidi, cadre dans lequel elle doit rester.
Les réglementations en matière de droit successoral décrivent un très large éventail de cas particuliers et tentent d'atteindre une certaine validité générale. Le fait que ce soient d'abord les enfants d'une personne qui héritent n'est pas explicitement mentionné, mais supposé. Mais s'il n'y a pas d'enfants, c'est la mère qui hérite ensuite. Si celle-ci n'existe pas non plus, ce sont les frères et sœurs du défunt qui héritent. S'ils n'existent pas non plus, c'est la sœur de la mère qui hérite. Si celle-ci n'existe pas non plus, c'est la sœur du père qui hérite, et ainsi de suite. Cette succession ne s'appliquait toutefois qu'aux biens mobiliers.
En ce qui concerne les terres, la règle était la suivante : De terra salica vero nulla in muliere hereditas non pertinebit, sed ad virilem sexum, qui fratres fuerint, tota terra pertenea.
‐ [Cependant, aucune femme ne peut hériter des terres saliennes, mais toutes les terres appartiennent au sexe masculin, à savoir aux frères.
]. Les femmes étaient ainsi totalement exclues de l'héritage des terres. La succession des souverains n'était pas réglementée par le droit salique. Mais comme, dans le système féodal, la majeure partie des terres appartenait au roi, qui les accordait sous forme de fiefs, on pouvait en conclure que les femmes ne pouvaient pas non plus devenir rois. Ces règles de succession pour les monarques ont été appliquées pour la première fois en 1317 en France avec Philippe V. En 1316, son frère aîné, le roi Louis X de France, est décédé. Il a laissé derrière lui une femme enceinte et sa fille Jeanne, âgée de cinq ans. Philippe V a d'abord pris la régence à titre provisoire. Cinq mois après la mort de Louis X, son fils Jean Ier vit le jour et succéda directement au roi. Cependant, il mourut quatre jours après sa naissance et Philippe V reprit la régence à titre provisoire. Le 9 janvier 1317, il fut couronné roi. Peu après, il fit déclarer le droit salien et son application à la succession royale comme étant de droit français, excluant ainsi définitivement Jeanne de la succession.
Philippe V avait quatre filles et un fils, décédé huit mois après sa naissance. C'est donc son frère cadet, Charles IV, qui lui succéda sur le trône. Charles IV avait cinq filles et deux fils. Le premier fils mourut à l'âge de huit ans. Le deuxième fils mourut prématurément le jour même de sa naissance. Les parents les plus proches étaient le roi d'Angleterre Édouard III et Philippe VI. Édouard III était le fils aîné d'Isabelle, qui était la sœur de Louis X. La succession passait donc par une femme, ce qui était exclu par la loi salique. Philippe VI était le fils aîné du comte Charles Ier de Valois. Son grand-père était Philippe III, roi de France de 1270 à 1285. Philippe III était également le grand-père de Louis X. Philippe III succéda au trône de France. Édouard III le reconnut d'abord comme roi, mais revint plus tard sur sa décision et revendiqua le trône pour lui-même. S'ensuivit la guerre de Cent Ans, de 1337 à 1453, qui conduisit à la division de l'Angleterre et de la France en deux États distincts.
Le droit salique décrit principalement des dispositions relatives au droit pénal. Une très grande partie traite du vol de porcs, de bovins, de moutons, de chèvres, d'abeilles et bien plus encore. Il énumère les peines encourues pour meurtre, coups et blessures, dommages matériels, insultes et harcèlement sexuel. Les peines varient en fonction de l'âge, du sexe et du statut des personnes impliquées. Ainsi, la peine pour le meurtre d'un enfant ou d'une femme libre est de 600 solidi. Si la femme était enceinte, la peine était de 700 solidi. Pour le meurtre d'un Franc libre de sexe masculin, la peine était de 200 solidi. Si la victime avait le rang de comte, la peine était de 600 solidi, si elle était un Romain assujetti à l'impôt, la peine était de 63 solidi.
Outre les lois pénales, des règles relatives aux prêts ou à la vente de terrains étaient également présentées.
Lorsqu'on évalue l'exclusion des femmes de l'héritage foncier, il faut également tenir compte de l'importance de la dot. La dot peut en partie être considérée comme un héritage anticipé. Elle devient la propriété de la femme et est transmise par héritage à la mort de celle-ci. Chez les Germains, la dot n'était pas fournie par la famille de la femme, mais par le marié.
L'exclusion des femmes de la succession n'a été abolie en Europe qu'à l'époque moderne. Citons par exemple la famille autrichienne des Habsbourg en 1713, le roi de Suède en 1980, les familles royales belge et norvégienne en 1991. Dans la famille Anhalt, ce n'est même qu'en 2010 que cette exclusion a été abolie.